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Le Bar à Thym – chronique d’une première représentation d’exception

Janvier 2026

Image officielle.

Il y a des créations qui naissent dans la discrétion et qui, pourtant, remplissent une salle bien avant le lever de rideau.

La pièce « Le Bar à Thym » fait partie de celles-là. L’affiche annonçait complet, plus d’une semaine avant sa première représentation jouée le 6 décembre 2025, en date unique au Théâtre Darius Milhaud. Le soir venu, le public toute génération confondue était au rendez-vous, ami.es, familles, proches, professionnels. Une atmosphère chaleureuse, presque familiale, où l’on sentait que beaucoup étaient là pour accompagner une première fois.

Avant même que la pièce ne commence, quelque chose circulait dans l’air depuis la rue, jusqu’à l’entrée du théâtre, une forme de bienveillance, mêlée à une vraie curiosité. Certain.es comme moi avaient suivi les répétitions, d’autres découvraient le projet ce soir-là.

Dans la salle, on reconnaissait des visages, on se saluait, on se plaçait, des chaises se rajoutaient. Le théâtre plein, bruissait doucement. La voix de la metteuse en scène s’élève dans l’annonce du top départ. Les lumières s’éteignent, les rideaux s’ouvrent à nous sur le bar tenu par Cynthia. Elle est au téléphone, très vite les rires fusent. Le Bar à Thym joue avec un humour frontal, parfois cru, parfois absurde, qui provoque des réactions immédiates. Le public rit franchement, parfois surpris, parfois pris à revers. Il y a des silences aussi, quand certaines répliques touchent juste, quand les personnages s’enfoncent dans leurs contradictions.

La pièce avance comme une soirée réelle, on croit être là pour passer un bon moment et l’on se retrouve face à des vérités moins confortables.

Les entrées successives des personnages, Boris, Grace, Priya, Antoine, Raphaëlle, Venicy, rythment la représentation, et apportent son lot de souvenirs, de faux-semblants et de tensions. L’attention constante est palpable dans la salle. Les spectateurs suivent ces échanges et reconnaissent des situations, des postures, des discours déjà entendus ou vécus, ailleurs. Les rires deviennent parfois nerveux. Le miroir tendu n’est pas toujours flatteur.

Lorsque la pièce se termine, les applaudissements sont longs et appuyés. La sensation dominante n’est pas seulement celle d’avoir assisté à une comédie, mais d’avoir partagé un moment collectif, presque intime. Beaucoup restent debout après devant le théâtre, discutent, échangent leurs impressions. La soirée ne s’arrête pas au salut final.

Un peu plus tard, à proximité, une bonne vingtaine de personnes, de la troupe et du public se retrouvent et prolongent la soirée dans un restaurant du quartier autour d’un verre ou d’un repas. À l’image de ce que la pièce a montré, un espace de mélange, de paroles, de récits croisés. On parle du spectacle, des personnages, de ce que ça raconte, de ce que ça remue. On rit encore. On débat aussi.

Le Bar à Thym n’aura pas qu’une seule représentation, mais cette première soirée-là, a laissé une trace. Celle du lancement d’une première pièce écrite et jouée par Boris, portée collectivement, et accueillie par un public présent, attentif, engagé. Une pièce qui, au-delà du rire, a su créer du lien dans la salle comme après, quand le théâtre déborde et que la discussion continue ailleurs.

Entre collectif, parole et théâtre de proximité, le « Bar à Thym » nous donne un deuxième rendez-vous pour la Saint-Valentin le 14 février 2026 au Théâtre Darius Milhaud à Paris 20ème.

Article et crédit photo (captation sur spectacle du 6 décembre 2025) par

Marie-Michaël Manquat/katjopine éko

https://www.ticketac.com/spectacles/le-bar-a-thym