Les Chroniques de Mica

Quand le conte oral se mue en bande son du podcast

 2025

Il était une fois une date, c’était hier, le 30 septembre, journée mondiale du « podcast ».  Nous le savons, depuis la nuit des temps existe le conte oral, comme celui de nos griots ou de nos aïeux, le conte rassembleur autour d’une bougie, d’une lampe à pétrole, d’un feu de bois. Puis vint les émissions radiophoniques transmises à l’antenne, elles aussi rassembleuses, en témoignent les images d’antan où certaine famille le soir venue écoutait d’un seul élan la même voix sortir d’un poste de radio, parfois récalcitrant en perte de son. Des temps vivants, partagés, éphémères mais gravés dans l’oreille et la mémoire. Le podcast trouve sa racine dans ce désir ancien de raconter, d’informer, de toucher, avec toutefois la marque d’une liberté nouvelle, où la création, le temps et la forme se structurent dans le style de diffusion.

C’est au tournant des années 2000 que les premières vibrations de ce médium se posent sur nos ordinateurs et nos lecteurs MP3. Un certain Tristan Louis propose alors l’idée d’attacher des fichiers sonores ou vidéos à des flux RSS (langage technique permettant de s’abonner à des contenus en ligne). Popularisé par Ben Hammersley le terme « podcast » apparaît en 2004. Avec cet intitulé, il désigne l’association de portabilité et de diffusion audio.

Petit à petit l’oiseau fait son nid, les podcasts qui ne sont plus seulement que audios, diversifient le leur en empruntant les branches de la narration, du témoignage, de la fiction, sous forme d’entretien, de reportage, ou encore de scénarios créés autour de sujets d’actualités, de loisirs, ou d’engagement, comme celui de la cause du cancer du sein dont ce 1er jour d’octobre marque sous son symbole du ruban rose, le début d’un mois d’une campagne annuelle mondiale destinée à la communication pour la sensibilisation de son dépistage et à récolter des fonds pour la recherche.

Plus besoin d’être devant un poste radiophonique à une heure donnée pour écouter le nouvel épisode de son podcast préféré. Dans le monde contemporain, on choisit l’épisode, on le télécharge, on l’écoute quand bon nous semble, à tout moment de la journée, en marchant, dans la joie ou la solitude, dans la voiture, à la cuisine, le podcast s’invite, compagnon intime.

Le podcast est une lanterne, il éclaire les récits passés, explore le présent, imagine l’avenir. Comme la voix de Pierre Bellemare, ma référence impossible à ne point citer ici, il murmure, interroge, captive. Il ramène les histoires au creux de l’oreille, là où le silence fusionne pour laisser place à l’émotion et à la découverte.

Oui, parmi les voix héritées il y a celle de Pierre Bellemare, figure emblématique de la radio et de la télévision française. Né le 21 octobre 1929, décédé à l’âge de 88 ans le 26 mai 2018, il fût un maître de l’oralité, un modèle de mon adolescence, ses « histoires extraordinaires », ses récits vrais ou fictifs, son style calme, et prenant sur la puissance de son ton, sa sonorité reconnaissable entre toutes, il nous rappelait que raconter une histoire, c’est ouvrir une porte vers l’inattendu, qu’il s’agisse d’un mystère, d’une anecdote, d’un fait divers, ou simplement d’un fragment de vie.

Si dans sa forme moderne le podcast est en quelque sorte l’héritage de ce que proposaient les conteurs radiophoniques d’antan, il explore des pistes plus diversifiées par sa traversée des frontières géographiques, linguistiques et temporelles tout en gardant la capacité de capter l’attention de son auditoire.

 

Marie-Michaël Manquat / Katjopine éko

Les Chroniques de Mica

L’ambition d’une valse en détour d’un retour pour l’outre-mer

 2024

Quand on regarde ce montage de chantilly sans douceur qui nous a été proposé en place du gâteau de Nwel sous l’épineux buffet du sapin politique France.

Il pourrait nous venir en penser ces mots d’une vérité souvent mise en oubliette : tous ceux qui entrent dans nos vies ne sont pas obligés d’y trouver place pour toujours. 

Il est fort de constater le dommageable pour certains. 

Notamment dans le fait que le télétravail ne soit point possible dans les hautes fonctions ministérielles. 

Il fut alors probable que nous eûmes, nous autres votants, in fine sans réel droit de voix, voir avec grande surprise l’arrivée d’une certaine étoile porteuse du plus beau bijou de cheville que l’on puisse gagner sans impunité d’un séjour par la case barreau sur la planche du jeu France. 

Quand on fait sortir une personne de nos vies ou qu’elle nous quitte, c’est qu’en général nos destins ne sont pas compatibles, souvent cela signifie que notre rôle dans nos histoires de vie respectives est terminé. 

Cette déconnade de gouvernance certes notoire, atteint son paroxysme, en cette entame de fin d’année 2024, et manque frontalement au vouloir faire la paix avec nos territoires transocéaniques de France, dits d’Outre-mer. 

Ils eussent peut-être été judicieux d’essayé de tenter l’inédit d’un sang neuf issu de nos terres océaniques qui en sont au plus haut point du besoin, plutôt que de privilégier le remix d’un sang veineux, car même joué sur le tempo d’un flamenco « compás » européen il ne gagnera pas sur celui de l’héritage des racines du « Konpa » de l’Afro descendance, dorénavant à résonance universelle.

Ce n’est pas peu dire que les choix de nos gouvernances laissent perplexes devant les urgences multiples dans la généralité du pays et l’importance de la nécessité d’un certain renouvellement dans nos territoires, entre, la grogne des uns, la vie chère et le manque d’eau des autres, le chaos laissé par Chido, les dernières insurrections et bien d’autres sujets à inscrire sur l’imposante liste du nouveau carnet de bal France.

S’il est un modèle à tirer des athlètes de nos derniers jeux paralympiques, c’est que faire volonté de s’accrocher à un handicap éprouvant, retarde notre évolution mentale.

Dans l’usage, souhaitons que ce dernier temps avant notre passage vers une année de plus, nous soit empreint de l’espoir d’un vivre ensemble bienveillant, et ce non sans une pensée pour Mayotte, ses habitant.e.s et celles et ceux de toutes les terres oppressées et opprimées.

À bientôt

Nou ké wouwè nou pa lot bò !

(Nous allons nous retrouver de l’autre côté)

Marie-Michaël Manquat / Katjopine éko