Chronique littéraire
Pêle-mêle, ceux qui chantent en moi
2026
Quand Migail MontLouis Félicité mêle son écriture à ses mémoires musicales.
Journaliste indépendante, photographe, jeune retraitée des bibliothèques parisiennes, Migail Montlouis Félicité livre le fruit de ses écritures secrètes dans son premier ouvrage Pêle-Mêle, Ceux qui chantent en moi, paru aux éditions Mahury.
Arrivée dans l’Hexagone depuis sa Martinique natale à l’âge de 10 ans, Migail Montlouis Félicité évolue dans une jeunesse parisienne entourée très tôt d’artistes. Tourné vers les passions qui l’habitent, son ouvrage se place sur une chronologie qui suit un parcours profondément ancré dans les transmissions, les rencontres et les voix qui traversent l’existence. Page après page, ces voix artistiques, ancestrales ou intérieures, semblent composer comme une cartographie émotionnelle.
Pêle-Mêle, Ceux qui chantent en moi, ne se présente pas comme un récit linéaire classique ; il avance davantage telle une partition sur les rythmes du souvenir, sous des élans d’écritures parlantes. Entre confidences, textes poétiques aux variations multiculturelles à la croisée du Sénégal, de la Martinique et des musiques afro-caribéennes, ou encore des figures féminines qui ont marqué son existence, Migail construit une parole sensible où l’intime rejoint le collectif par moments.
Marquée de l’empreinte de ses engagements culturels autant que de celle d’une génération qui a traversé plusieurs territoires et formes d’expression, certaines pages frappent le lecteur par leur musicalité dans l’écriture. Les références d’honneur à Nina Simone, Jocelyne Béroard, Eugène Mona, Buika, Kassav, Marvin Gaye ou encore Miriam Makeba participent à la sensation d’entendre murmurer en permanence le monde. Il est frappant de constater comme chaque souvenir possède sa bande-son, celle qui ponctue aussi les interrogations, celles de l’autrice tout autant que les nôtres.
Le mêlé-chanté de Migail est bien palpable, en partie avec ce que nous pouvons nommer le bien, comme la partie la plus sombre des traversées de son histoire avec ses blessures camouflées et alimentées par la solitude, les disparitions ou les fragilités humaines, sans jamais totalement quitter une forme de quête lumineuse. Avec ce premier livre, Migail Montlouis-Félicité nous dévoile une écriture de réminiscence, de transmission et de survivance émotionnelle. Il est certain qu’en refermant ses pages, on peut se dire : « Ce ne peut être l’unique ouvrage, à quand la suite ? » Sa réponse est peut-être à entendre dans l’épisode de notre podcast Lire de toutes les couleurs sur lequel elle a été mon invitée et que je vous invite à suivre pour revenir plus largement sur cette aventure éditoriale et les multiples voix qui habitent cet ouvrage dans lequel Migail nous livre quelques lignes de la portée de sa vie.
Marie-Michaël Manquat/Katjopine Éko – août 2026
Migail Montlouis-Félicité sur le podcast Lire de toutes les couleurs :
Magazine
Lire le dernier numéro
